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FAITS MARQUANTS DES MINES

 

Minedu7

Les dates marquantes du Nord-Pas-de-Calais

1720 La découverte                              1841 La conquête de l'Ouest
1918 Le désastre                                  1930 La grande époque
1945 La bataille du charbon                              1960 La récession
1983 La conversion                              1990 La fin de l'extraction
Dernière fermeture                                 Historique des fermetures
Les accidents miniers les plus meurtriers en France Catastrophe Liévin 1974
Les mineurs, locomotive des luttes ouvrières en France
Quelques PHOTOS (en cours)

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Les dates marquantes du Nord Pas-de-Calais

  • 1662 On découvre le gisement d'Hardinghem, dans le Boulonnais.
  • 1709 L'anglais Darby utilise du coke pour produire la fonte.
  • 1712 Thomas Newcomen met au point une machine à vapeur à piston.
  • 1716 Mr  Désandrouin (Vicomte en 1731) et ses associes entament une prospection dans le Hainaut français.
  • 1720 3 février, découverte dune veine de charbon maigre à Fresnes-sur-Escaut.
  • 1734 24 juin, découverte d'une veine de charbon gras, apte à différents usages, à Anzin, au lieu dit du Pave de Condé.
  • 1757 Fondation de la Compagnie d'Anzin.
  • 1774 Fondation de la Compagnie des mines d'Aniche.
  • 1782 James Watt met au point la machine à vapeur rotative.
  • 1783 Création de I'Ecole Royale des Mines.
  • 1801 Fondation de la Caisse de Secours des Mines d'Aniche.
  • 1803 Implantation à Lille de la première filature industrielle de coton.
  • 1807 Le procédé d'éclairage public au gaz de houille, inventé par Philippe Lebon, est appliqué à Londres.
  • 1810 21 avril, loi sur les concessions minières.
  • 1813 Le travail de fond est interdit aux enfants de moins de 10 ans. origine
  • 1820 Anzin compte 3 860 habitants, Lens 2 380, Aniche 1 733.
  • 1823 9 avril, un coup de grisou fait 22 victimes à la Cie d'Anzin. Le Préfet du Nord prescrit des mesures de sécurité, rend obligatoires les lampes à huile, interdit de fumer au fond.
  • 1825 Humphrey Davy met au point la lampe de sécurité à flamme.
  • 1835 L'un des premiers trains à vapeur circule entre Saint-Waast et Denain, sur la ligne de chemin de fer de la Compagnie d'Anzin.
  • 1841 Le forage d'un puits d'eau, à Oignies, chez Mme de Clerc permet de repérer le gisement du Pas-de-Calais.
  • 1847 A Anzin, un cheval assure le transport du charbon dans les galeries.
  • 1878 Fondation de I'Ecole des Mines de Douai.
  • 1882 Arthur Lamendin crée, à Lens, la première Chambre syndicale de mineurs dans le Pas-de-Calais. Celle du Nord est créée en 1883, par Emile Basly...
  • 1885 Emile Zola publie "Germinal".
  • 1890 La loi du 8 juillet institue les délégués mineur, élus, avec mission de surveiller les conditions de sécurité et d'hygiène.
  • 1891 10 mars, constitution de l'Union des Houillères du Nord et du Pas-de-Calais, première association patronale minière, dans le but notamment d'enrayer les grèves.
  • 1892 Les travaux du fond sont interdits aux femmes ; elles étaient souvent employées comme hercheuses, c'est-à-dire au roulage. Une commission d'arbitrage est nommée pour régler les différents qui sont à l'origine d'une grève à la Compagnie des mines de Marles. La discussion aboutit à la première convention collective du travail. Les deux syndicats de mineurs, du Nord, et du Pas-de-Calais, créent une fédération régionale basée à Lens.
  • 1894 Loi du 29 juin qui crée les Caisses de Secours, organismes mutualistes pour la constitution des retraites et l'assurance contre les risques invalidité-maladie. Seuls les mineurs bénéficient d'un tel régime.
  • 1895 L'usage de l'électricité et de l'air comprimé se développe dans l'industrie et dans les mines.
  • 1897 Jules Mousseron, le Père de Cafougnette, publie son premier recueil de poèmes en patois.
  • 1906 10 mars, un coup de grisou provoque la mort de 1 101 mineurs de la Compagnie des Mines de Courrières. Le Comité Central des Houillères installe à Lens une station expérimentale de lutte contre le grisou. On y forme aussi les sauveteurs. Le travail de fond est interdit aux jeunes de moins de 12 ans.
  • 1910 Journée de huit heures pour les mineurs. Repos hebdomadaire obligatoire. Institution des allocations familiales.
  • 1913 Le Bassin du Nord et du Pas-de-Calais produit 67 % du charbon national. origine
  • 1914 25 février, institution de la caisse autonome de retraite des mineurs.
  • 1918 Durant le première guerre mondiale 103 fosses ont été détruites. Les dégâts représentent 1 milliard de francs-or. Dans les mines de l'Ouest du Bassin l'exploitation est intensifiée.
  • 1920 Au fond, le marteau-piqueur, appelé "Ie saxophone à pointe", remplace progressivement le pic.
  • 1922 Georges Claude, aux usines de la Compagnie de Béthune, à Mazingarbe, réussit la synthèse de l'ammoniac à partir de gaz de four ; c'est la naissance de la carbochimie.                                                                                                   
  • 1925 De nombreux Polonais s'installent dans le Bassin minier où l'on recherche la main d'œuvre. Ils seront 200 000 en 1930.
  • 1930 Le Nord - Pas-de-Calais atteint la production record de 35 millions de tonnes.Une convention, signée à Douai, accorde au personnel minier 3 ou 6 jours de congés payés annuels.
  • 1936 Grève générale dans les mines. Suite aux accords de Matignon, les mineurs obtiennent deux semaines de congés payes, 38 h 40 de travail hebdomadaire pour le fond, l'institution des délégués du personnel.
  • 1941 En juin, 80 % des mineurs du bassin sont en grève... c'est l'une des premières manifestations de résistance à I'occupant.
  • Lampe de Mineur1944 Ordonnance du 13 décembre : elle confie l'exploitation aux Houillères Nationales du Nord et du Pas-de-Calais.
  • 1945 La Bataille du charbon est engagée...
  • 1946 Loi de nationalisation du 17 mai : création des Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais et de Charbonnages de France.14 juin : adoption du statut de mineur. La silicose est reconnue maladie professionnelle. Généralisation de la Sécurité Sociale Minière.
  • 1947 Les HBNPC achètent le Château d'Hagecroft, à la Napoule, qui devient Centre de Congés des mineurs.
  • 1948 La C.G.T. lance des grèves contre les décrets Lacoste. Les fosses sont occupées ; le Gouvernement appelle la troupe pour les dégager.
  • 1950 Inauguration du centre de réadaptation fonctionnelle des blessés à Oignies.
  • 1951 Création de la Communauté Européenne du Charbon et de I'Acier CECA.
  • 1952 Les HBNPC produisent 29,5 millions de tonnes. La mécanisation améliore les rendements.
  • 1958 Mise en service des deux premiers groupes de la centrale d'Hornaing.
  • 1959 Mise en service de l'usine de briques Surschiste, à Hulluch.
  • 1960 Le plan Jeanneney prévoit et tend à organiser la récession.Le soutènement marchant apparaît au fond. Le siège du 19 de Lens est mis en service.
  • 1961 Mise en service du 10 d'Oignies, dernier des grands sièges d'exploitation des HBNPC.
  • 1963 Mars-avril, en grève durant 35 jours, les mineurs manifestent leur inquiétude face a la récession.
  • 1964 Les centrales thermiques du Bassin produisent 7,3 millions de Kwh, soit 12,5% de la production nationale d'électricité d'origine thermique.

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Le Bassin du Nord et du Pas-de-Calais...au fil des années

1720 La découverte

La Houille de mauvaise qualité fut découverte en 1716 mais retenons 1720 car celle-ci devient exploitable.En 1720 est découvert à Fresnes sur Escaut une veine de charbon de 4 pieds à 35 toises de profondeur.
Pic et LampeC'est à Fresnes-sur-Escaut que Jacques Mathieu et son équipe de mineurs venus de Charleroi découvrirent, le 3 février 1720, une veine de charbon maigre de quatre pieds d'épaisseur (a peu près 1,20 m), à 35 toises de profondeur (70 m). Cette découverte justifiait les années de recherche entreprise, dés 1716, sur l'initiative de Mr Jacques Désandrouin, propriétaire d'un château dans cette localité, de Nicolas Désaubois, un bourgeois de Condé sur Escaut, et de Pierre Taffin. Ceux-ci avaient créé, avec une permission particulière du Roi, une société de prospection. La veille de Noël 1720, une planche du cuvelage formant le puits céda sous la pression des eaux ; les travaux furent submergés. Deux autres puits furent creusés, appelés comme le premier "Jeanne Colard", du nom de la propriétaire de la pâture où ils se trouvaient. Le charbon de Fresnes, maigre et sulfureux, n'était pas apte à tous les usages. On continua donc activement la prospection afin de trouver un charbon propre tout aussi bien au chauffage domestique qu'aux usines. Ces travaux furent longtemps inutiles et leur coût incitait Désandrouin et ses associés à tout abandonner. Une ultime recherche fut néanmoins entreprise, à Anzin, au lieu dit le Pavé de Condé. On y découvrit enfin, le 24 juin 1734, une veine de charbon gras de bonne qualité. De 1716 à 1735, 35 puits avaient été creusés à grands frais. Récompensés de leur obstination, Désandrouin et ses associés purent enfin équiper leurs puits, faire venir de la main-d'œuvre, en particulier des mineurs de Charleroi. Ils développèrent l'emploi de la machine à vapeur, appelée à I'époque machine à feu, qui fut utilisée, pour la première fois en France, pour I'épuisement des eaux du puits dit des "Petites Fosses" à Fresnes.

1757 : La Compagnie d'Anzin
La compagnie fut constituée le 19 novembre 1757, au château de Condé-sur-I'Escaut, par le Vicomte Désandrouin, Pierre Taffin, le Marquis de Cernay, sous I'égide du Prince de Croy. Trente ans plus tard, en 1789, elle employait déjà 4 000 ouvriers qui, à partir d'une quarantaine de puits, extrayaient annuellement 280 000 tonnes de char-bon. D'autres concessions avaient été accordées entre temps, d'autres compagnies créées, celles d'Aniche, de Douchy, de Vicoigne. Sur les chemins conduisant à I'Escaut, on croisait les attelages chargés de charbon. Les bateliers de Condé, de Cambrai ravitaillaient de leurs péniches toute la Flandre et l'Artois.Au début du XIXe siècle, après plusieurs années de violences et d'insécurité, les mines du Nord bénéficient tout à la fois de l'appui de I'Etat et des techniques nouvelles qui décuplent leurs moyens. La loi de 1810 institue la propriété perpétuelle des concessions. Elle ne sera remise en cause qu'en 1919. L'exploitation d'une mine requiert des moyens importants. Dorénavant, le découvreur d'un gisement n'est assuré d'obtenir la permission d'exploiter que s'il présente des garanties qu'en pratique seules des sociétés de capitaux sont en mesure de réunir.

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1841 La conquête de l'Ouest

De la Scarpe à I'Escaut, onze sociétés se partagent, dans le Nord, des concessions plus ou moins fructueuses. On n'a pas abandonné la recherche de nouveaux gisements.
Seulement celle-ci est demeurée vaine tout simplement parce qu'elle a été engagée dans la région d'Arras Doullens, dans le droit prolongement du bassin minier de Belgique et du Valenciennois. En 1841, tout à fait par hasard, lors d'une recherche d'eau dans le parc de Mme de Clerck, à Oignies, on décèle de la houille. En 1847, un sondage effectué par M. Soyez à I'Escarpelle, près de Douai, confirme la prolongation du gisement au Nord-Ouest, en direction de Béthune.La conquête de l'Ouest ne s'arrêtera plus désormais qu'aux Collines de l'Artois, définissant rapidement les limites du bassin du Pas-de-Calais qui, bien que plus profond, sera appelé à devenir en moins de trente ans le premier producteur de charbon français. Bientôt les terrils, les puits, les usines et les cités se succéderont de la frontière belge à Ligny les aire, créant, sur 120 km de long, un paysage urbain et industriel nouveau vers lequel convergent des dizaines de milliers d'hommes de toutes origines.En 1840, les compagnies du Nord employaient moins de 9 000 ouvriers. En 1900, ils sont déjà 85 000, dans I'ensemble du bassin, à franchir chaque jour les grilles des fosses pour extraire plus de 20 millions de tonnes de houille. Parfois au prix de leur vie : en 1906, la catastrophe de Courrières, causée par un coup de poussière, qui fit 1099 victimes, endeuilla le bassin minier et toute la corporation. Le bassin du Nord Pas-de-Calais allait poursuivre son développement jusqu'à la première guerre mondiale : en 1913, 130 000 mineurs produisaient déjà 27,4 millions de tonnes, un tiers de la production française de charbon.

1918 Le désastre

 

31 août 1914 : une patrouille allemande arrive devant I'Hôtel de Ville de Lens. C'est le début de la première guerre mondiale. Dès le mois d'octobre, une ligne de tranchées traverse le bassin. Les mines occupées, à l'Est d'une ligne Arras-Béthune, très vite endommagées par les bombardements, connaissent une extraction très ralentie avant d'être complètement détruites par les Allemands à la fin de la guerre. Les mines non occupées assurent, quant à elles, malgré les bombardements continuels, une production record pour répondre aux besoins du pays. La production passe, à Nœux, de 4 000 tonnes par jour en 1913 a 5 000 tonnes en 1915, puis 9 000 tonnes en 1918. Les conséquences de la guerre sont partout dramatiques. D'innombrables séquelles d'une lutte sans merci attestent l'âpreté des combats. Au, fond, 100 millions de mètres cubes d'eau, soit le débit de la Seine à Paris durant trois mois d'été ont inonde des milliers de kilomètres de galeries désormais inaccessibles. En surface, dans 103 fosses sinistrées, règnent la désolation et le chaos. Au milieu des ferrailles déchiquetées, des cratères remplis d'eau et de débris divers sont le plus souvent les témoignages dérisoires de la présence des puits et des chevalements qui étaient, quelques années auparavant, les symboles de la vitalité industrielle de la région.La production de houille qui était supérieure à 27 millions de tonnes à la déclaration de la guerre n'atteindra pas 8 millions de tonnes en 1918. En 1919, le charbon manque. On répare, on installe des équipements, des chevalements provisoires. On fait aussi largement appel à la main-d'œuvre immigrée, principalement polonaise.

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1930 La grande époque

Le bassin du Nord-Pas-de-Calais se relève de ses ruines.Dès 1925, on peut considérer la reconstruction comme terminée.

Mineur à GenouxCoupé en deux par un front qui se stabilisa entre Arras et Béthune, théâtre de très violents affrontements, le bassin du Nord-Pas-de-Calais ne se releva de ses ruines que plusieurs années après la fin de la première guerre mondiale. Au prix d'un important effort de reconstruction et le renfort de 70 000 mineurs polonais, les fosses de l'est, qui avaient été noyées par les exploitants avant l'arrivée des troupes allemandes, purent reprendre leur activité après dix années de sommeil.Dès 1925, on peut considérer comme terminée la reconstruction de I'ensemble des installations des mines du Nord-Pas-de-Calais qui retrouvent leurs potentiels de production d'avant -guerre. C'est en 1930 qu'elles atteignent le niveau record jamais égalé de 35 millions de tonnes, soit 67% de la production nationale.L'outillage est modernisé, le marteau-piqueur à air comprimé, en particulier, remplace le pic traditionnel pour I'abattage. L'énergie est désormais massivement utilisée dans les chantiers souterrains ou au jour. En 1913, il existait dans le Bassin trois centrales thermiques, à Bully-les-Mines, Pont-à-Vendin et Gosnay. En 1930, elles sont au nombre de 21, représentant une puissance installée de 980 000 KW. Jusqu'alors, le gaz provenant de la carbonisation de la houille dans les batteries de fours à coke était pratiquement inexploité, hormis pour le chauffage. A partir de 1925, à la suite des recherches de Georges Claude sur la fabrication de l'ammoniac, il deviendra l'élément privilégié d'une puissante industrie de synthèse, la carbochimie, dont le Nord Pas-de-Calais avec plus particulièrement la Compagnie de Béthune et son complexe de Mazingarbe est le berceau.Mais la crise économique des années 30 ne devait pas ménager l'industrie charbonnière et, malgré les progrès de rendement (1 250 kg en 1936) et les efforts de modernisation et de restructuration menés par les 18 compagnies minières réunies au sein du Groupement des Houillères, la production commença à décliner. A la veille de la seconde guerre-mondiale, le bassin produisait 32 millions de tonnes de charbon, 60% de la production et 40% de la consommation nationales. Ses cokeries fournissaient les 3/5 du coke français. Lorsque survint la guerre, 150 000 mineurs et 500 000 ouvriers et ouvrières de toutes professions travaillaient à renforcer la puissance économique de leur région.Pendant les cinq années de guerre et d'occupation, toute l'activité minière se figea. Aucun investissement ne fut réalisé, les outils gérés par l'occupant ne furent pas entretenus et les mineurs, qui effectuaient leurs tâches sans zèle, déclenchèrent une grande grève patriotique en mai-juin 1941. A la libération, l'outil de travail était entièrement détérioré, tout était à nouveau à remettre en état.

1945 La bataille du charbon

Moins de trois mois après les derniers combats de la Libération, l'ordonnance du 13 décembre 1944 crée, à partir des 18 compagnies initiales, les Houillères Nationales du Nord et du Pas-de-Calais. La loi de nationalisation, le 17 mai 1946, leur donne pour nom Houillères du Bassin du Nord et du Pas-de-Calais, établissement public à caractère industriel et commercial. Charbonnages de France et les autres Houillères de Bassin sont créés dans le même temps. Le statut du mineur institue le droit au logement et au chauffage gratuit.Les dommages de guerre sont importants dans le Bassin. Le souvenir des 150 bombardements aériens qui détruisirent 30% des logements ouvriers existants en 1939 n'est pas effacé. II faut, à la Libération, non seulement relever la région de ses ruines, mais véritablement fournir l'énergie pour reconstruire le pays, à une époque où le charbon représente 86% de sa consommation. Le sort de la France est entre tes mainsexplique-t-on aux mineurs appelés à gagner la Bataille du Charbon et à dépasser les 100 000 tonnes/jour.En 1947, les 220 000 mineurs du Bassin ont remonté la production à plus de 28 millions de tonnes. Sous l'impulsion du Commissariat au Plan, les Houillères vont entreprendre un programme ambitieux de modernisation. En moins de vingt ans le nombre de puits d'extraction passe de 114 à 40 sans diminution notable de la production. Les chantiers du fond sont progressivement mécanisés, des engins modernes, haveuses, rabots pour l'abattage, soutènements métalliques, améliorent les conditions de travail malgré le handicap d'un gisement difficile, aux veines étroites et capricieuses. De 1950 à 1960, le Bassin connaît une période de modernisation et de gains de productivité. En 1952, le record de la période d'après guerre est enregistré : 97 000 mineurs extraient 29,4 millions de tonnes de charbon et le rendement atteint 1 228 kg notamment grâce à la mécanisation (installation des premiers rabots, scrapers et haveuses, mise en place de soutènements métalliques, électrification du fond). Pourtant, les résultats financiers, eux, se dégradent sous I'effet de la concurrence du pétrole et du gaz. L'Ouest du gisement, saigné par une exploitation intensive pendant la première guerre mondiale, s'épuise rapidement. Des puits sont fermés à Auchel, Nœux-les-Mines, Bully, Vendin, tandis que les stocks de produits invendus s'accumulent sur les carreaux des mines. Les investissements de modernisation réalisés depuis la libération n'ont en effet pas permis aux Houillères de se constituer la réserve financière désormais indispensable pour affronter la nouvelle concurrence du fioul et du gaz naturel. Rapidement les débouchés se rétrécissent. En 1960 les bénéfices tombent à zéro et les stocks s'accumulent sur les carreaux. L'inquiétude gagne le pays minier.

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1960 La récession

Les Houillères n'embauchent plus massivement pour compenser les départs.Constatant la dégradation des résultats financiers, le gouvernement, en 1960, a étudié un plan de régression de la production charbonnière et demande l'arrêt de l'embauchage. Ceci provoque le mécontentement de la corporation minière. En mars 1963, le pays tout entier, impressionné par une grève de 35 jours qui ne ressemble à aucune autre, doit à son tour se convaincre que les régions de vieille tradition industrielle, comme le Nord que l'on disait invulnérable, subissent à leur tour les effets des transformations de l'économie française.Les Houillères n'embauchent plus massivement pour compenser les départs, mais les fils de mineurs quant à eux se détournent d'un métier qui ne représente plus un avenir assuré. L'entreprise est ainsi amenée à faire appel à la main-d'œuvre marocaine. En 1966, sur un effectif de 70 000 ouvriers, on compte 12 000 ouvriers marocains. En 1968, André Bettencourt, Ministre de l'Industrie, prévoit de ramener la production de 20 à 10 millions de tonnes en 1975. Compte tenu d'un tel plan, de conditions d'exploitation de plus en plus difficiles, l'arrêt de celle-ci est envisagé pour le début des années 1980.Les HBNPC et Charbonnages de France entreprennent dès cette époque (1967-1973) une politique d'aide à l'industrialisation de la région minière avec la SOFIREM. Quant aux pouvoirs publics, pour favoriser la conversion du bassin minier, ils décident d'implanter l'industrie automobile. Renault s'installe à Douai, la Française de Mécanique à Douvrin. Par ailleurs, les Houillères s'efforcent de tirer parti de leurs savoir-faire. Leurs services informatiques, leurs ateliers de mécanique et d'entretien travaillent désormais pour une clientèle extérieure.Un vaste programme de réhabilitation de leur parc immobilier débute en 1972. Si la crise de l'énergie survenue en 1974, avec le renchérissement du prix du pétrole, n'a pas suffi à transformer le plan de récession des Houillères en plan de relance, du moins a-t-elle suscité un intérêt tout à fait nouveau pour des ressources jusqu'alors négligées. Les produits charbonneux accumulés en terrils sont récupérés et alimentent les centrales thermiques du Bassin. Le gaz de mine, c'est-à-dire le fameux grisou, est capté et sert de combustible aux usines du Bassin. Les HBNPC apportent ainsi une contribution originale et importante aux économies d'énergie.

1983 La conversion

Le déficit à la tonne extraite ne fait que s'accroître. Il atteint 207 F/tonne en 1981. Le 25 avril 1983, à Lille, François Mitterrand, Président de la République, met un terme aux vains espoirs quant à l'avenir de l'extraction dans le Nord-Pas-de-Calais. L'Etat ne pourra, dit-il, à la fois couvrir le déficit de l'extraction charbonnière dès lors qu'elle sera prolongée artificiellement et, dans le même temps, participer à la renaissance industrielle du Bassin minier. Un choix s'impose donc ajoute-t-il. Ce choix se concrétisa l'année suivante par la création du Fonds d'Industrialisation du Bassin minier et de la Financière du Nord-Pas-de-Calais FINORPA, tous deux dotés de 100 MF/an, pour contribuer à l'implantation ou à l'essor des entreprises, et ainsi à l'emploi dans la région minière.Les Houillères comptaient encore 21 000 salariés début 1984. Un programme de fermeture échelonnée des derniers établissements liés à I'extraction est établi. Afin de mener cette dernière phase de la récession, sans heurt, de favoriser la mobilité et la conversion des membres du personnel, différentes mesures leur sont proposées, suivant leur situation et leurs capacités : conversion à EDF ou dans d'autres entreprises, transfert à I'intérieur du groupe Charbonnages de France, aide à la création d'entreprise ou aide au retour au pays pour le personnel d'origine marocaine. Ceux qui ont davantage d'ancienneté bénéficient de retraites anticipées. En 1987, un véritable plan social est mis en œuvre dans les derniers sièges et usines. Après formation, des centaines de mineurs retrouvent un emploi, dans les métiers du bâtiment et des travaux publics par exemple. D'autre part, toutes les activités des Houillères ne sont pas pareillement condamnées. Les cokes de fonderie, les boulets, les schistes de terrils, les briques Surschiste ont un marché et représentent encore des activités rentables. Ainsi diverses adaptations sont engagées dès 1984 dans le but d'améliorer leur compétitivité et de pérenniser leur avenir.

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1990 La fin de l'extraction

Le 21 décembre 1990, les mineurs de la fosse 9 à Oignies remontent la dernière gaillette. La longue récession des mines du Nord Pas-de-Calais aura été assurée dans la paix sociale. Des solutions dignes ont été trouvées pour tous les mineurs. Plusieurs milliers d'entre eux travailleront dans des sociétés héritières des Houillères comme les Cokes de Drocourt, Agglonord, Tercharnor, Surschiste ou le GIE Méthamine, crée avec Gaz de France, pour valoriser le grisou extrait des terrains houillers. En définitive, c'est un véritable groupe industriel qui, avec la Société holding Filianor, aura maintenu des emplois, tiré parti des ressources et des savoir-faire générés par les Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais.Œuvre de longue haleine, la rénovation de l'habitat (le parc issu des Houillères comptait 83 000 logements en 1990) a métamorphosé de nombreuses cités parmi les 151 communes minières. Les centres ville, les espaces verts gagnés sur d'anciennes friches ont donné un nouveau visage à l'environnement. Le bassin du Nord Pas-de-Calais, allongé des collines de l'Artois à la frontière belge, aura été façonné par ses 270 ans d'histoire avec la mine. D'autres activités ont aujourd'hui pris le relais mais cette région, tournée vers l'avenir, a conservé pour les générations futures, la mémoire de cette grande épopée minière, dont les multiples aspects sont aujourd'hui rassemblés au Centre Historique Minier de Lewarde.

Dernière fermeture

La dernière mine de charbon de France, situé à Creutzwald en Moselle, ferme définitivement ses portes vendredi 23 avril. Une fermeture qui marque la fin des «gueules noires» dans le pays, ces mineurs qui tout au long du siècle ont vu péricliter les Charbonnages de France. La fermeture du puits de la Houve sera marquée par de nombreuses expositions et rétrospectives historiques.
L'histoire industrielle du charbon français a commencé en 1720. Elle s'achève en 2004. Après la fermeture des Houillères du Nord-Pas-de-Calais en 1990 et celles des Houillères du Centre-Midi en 2003, l'arrêt des Houillères du bassin de Lorraine, met un point final à l'histoire du charbon en France. Le dernier bloc de houille noire doit être symboliquement extrait, vendredi 23 avril, au puits de Houve, à Creutzwald en Moselle, donnant le coup d'envoi à trois journées d'hommage à la mine et aux mineurs.
Quelque 2500 personnes sont attendues, tout au long du week-end, sous l'immense chapiteau dressé sur le site de La Houve, l'ultime survivant de l'épopée du charbon. Spectacle vivant, expositions et projections de films présenteront le travail des célèbres «gueules noires». Le site restera ouvert toute la semaine afin de permettre aux visiteurs qui le souhaitent de voir, pour la dernière fois, une mine en activité. Il fermera ensuite définitivement ses portes après avoir traité quelque 30 millions de tonnes de charbon au total.
Des emplois jugés «fragiles»
La fermeture du puits de la Houve signe la fin de trois cents ans d'exploitation du charbon en France. Depuis les débuts de l'exploitation en 1856, quelque 800 millions de tonnes de charbon ont été extraites en Lorraine. Avec les mines de fer, dont la dernière a été fermée en 1997, le charbon lorrain est à l'origine d'une industrie sidérurgique qui fut la richesse de la région, avant de la plonger dans les affres des restructurations industrielles.
La dernière mine de France met fin également à une épopée humaine. Bien que socialement préparé depuis vingt ans, l'arrêt de l'exploitation minière est plus que douloureuse pour les «gueules noires» comme l'explique Alain Rollet, directeur technique national des Charbonnages de France (CdF): «ça leur serre les tripes. C'est un arrachement pour les mineurs et on se doit de les accompagner dans ce travail de deuil». Aucun mineur n'a accepté avec enthousiasme la fermeture programmée des mines de charbon arrachée par le gouvernement en 1994 grâce au «Pacte charbonnier», signé par tous les syndicats sauf la CGT.
Ce pacte garantit notamment au mineur le congé charbonnier de fin carrière (CCFC) (80% du salaire jusqu'à la retraite dès 45 ans) sur la base du volontariat, et le reclassement pour les autres. L'arrêt de l'exploitation dans les bassins miniers pose des problèmes d'emplois qui n'ont pas trouvé de réponse satisfaisante, selon la CGT. Quelque 18 000 emplois ont été créés contre 22 000 supprimés depuis 1984, des emplois jugés «fragiles» selon le secrétaire général de la CGT, Yves Hockenberger: «ce sont des emplois au smic, avec de faibles qualifications». Dans leur majorité, les mineurs restent au sein des Charbonnages de France pour participer aux travaux de fermeture et de restauration des sites, jusqu'à leur départ à la retraite que la plupart atteindront d'ici 2008, date de l'extinction de l'entreprise publique.
Au plus fort de leur exploitation, après la Deuxième Guerre mondiale, les Charbonnages de France ont employé près de 360 000 mineurs et produit jusqu'à 60 000 millions de tonnes de houille. Le déclin est amorcé dès les années 60, le gouvernement socialiste de Pierre Mauroy tente un dernier plan de relance en 1981 qui se traduit par des milliers d'embauches. L'expérience est interrompue dès 1984, au vu des déficits croissants que doit subventionner l'Etat. Beaucoup trop coûteux à prospecter, la mort du charbon français est inéluctable. Le prix de revient du minerai national est, depuis 1960, supérieur au prix de vente, alors que les grands exportateurs comme l'Australie, l'Afrique du Sud et la Chine bénéficient de gisements plus accessibles (mines à ciel ouvert) et d'une main d'oeuvre bon marché.

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Historique des fermetures

La liste des fermetures des installations minières dans le Nord Pas-de-Calais depuis 1968.

  • 1968 - Siège 9 d'Henin Lietard, siège 5 de Bully, siège St Mark
  • 1969 - Siège 5 de Bruay
  • 1970 - Siège de Sessevalle, siège 2 Hénin Liétard
  • 1971 - Siège Delloye, siège du 6 de Liévin
  • 1972 - Lavoir et cokerie de Chocques, lavoir de Mazingarbe, siège La Grange, centrale de Vendin, lavoir Ledoux, siège Vieux Condé, siège 13 de Noeux
  • 1973 - Siège 10 de l'Escarpelle, lavoir 2 d' Auchel, siège 21 d'Hénin Liétard, cokerie d'Harnes
  • 1974 - Siège d'Auchel, lavoir de Liévin
  • 1976 - Siège Agache, lavoir Arenberg, siège 18 de Lens
  • 1977 - Cokerie de Waziers, usine anthracine de Fort de Scarpe, usine d'agglomération de Somain
  • 1978 - Lavoir de Gayant, siège de Gayant, lavoir de Liévin, cokerie de Vendin le Vieil, centrale de Beuvry
  • 1979 - Siège 6 de Bruay
  • 1980 - Siège de Sabatier
  • 1981 - Centrale de Labuissière, centrale de Thiers
  • 1982 - Centrale d'Henin-Beaumont
  • 1983 - Cokerie de Lourches
  • 1984 - Siège Barrois, cokerie de Mazingarbe, centrale de Dechy
  • 1985 - Centrale d'Harnes, siège 19 de Lens, lavoir du 19 de Lens
  • 1986 - Lavoir de Bruay
  • 1987 - Siège 3 de Courrières, lavoir de Drocourt, centrale de Violaine
  • 1988 - Lavoirs de Rousseau et de Barrois, siège de Ledoux
  • 1989 - Siège d'Arenberg, Groupe 1 et 2 Centrale d'Hornaing
  • 1990 - Siège 9 de l'Escarpelle, siège 10 d'Oignies
  • 1991 - Lavoir d'Oignies
  • 1992 - Centrale de Courrières
  • 1993 - Dissolution de l'EPIC HBNPC au 1er Janvier

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Les accidents miniers les plus meurtriers en France

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L'histoire du charbon en France a été ponctuée de nombreux accidents meurtriers, voire de catastrophes minières, dont voici les principales survenues au cours des cinquante dernières années
- 10 septembre 1948 : incendie et explosion au 7 d’Avion 7 morts dont mon oncle Antoine Lecoustre 18 ans.
- 16 mars 1957 coup de grisou au 3 de Liévin 10 morts.
- 16 janvier 1958: coup de poussier (déflagration brusque des poussières de charbon) à Blanzy (Saône-et-Loire), au puits Plichon: 29 morts.
- 21 novembre 1958: 11 morts et 14 blessés après un coup de poussier au puits Saint-Charles, près de Forbach (Moselle).
- 29 mai 1959: 26 morts à la suite d'une explosion au puits Sainte-Fontaine, à Merlebach (Lorraine).
- 1er août 1961: sept morts dans un puits à Merlebach.
- 2 février 1965: 21 morts dans une explosion qui ébranle la veine Martin de la mine d'Avion, près de Lens (Pas-de-Calais).
- 24 novembre 1965: coup de poussier au puits de La Tronquie des mines de Carmaux (Tarn): 12 morts.
- 3 mars 1967: un dégagement de gaz à la mine de Saint-Florent-sur-Auzonnet (Gard) fait cinq morts.
- 3 mai 1968: coup de poussier dans la mine de Roche-La-Molière (Loire): six morts.
- 4 février 1970: coup de grisou à la fosse de Fouquières-Lès-Lens (Pas-de-Calais): 16 morts, 17 blessés.
- 4 mai 1971: un dégagement de gaz carbonique provoque un effondrement dans une galerie du puits du Villaret, à La Mure (Isère): huit morts.
 - 27 décembre 1974: coup de poussier à la Fosse 3 du bassin de Liévin (Pas-de-Calais): 42 morts, cinq blessés.
- 30 septembre 1976: 16 mineurs sont tués dans la mine de Merlebach, au puits Vouters, lors d'une explosion alors qu'ils luttaient contre un incendie.
- 25 février 1985: coup de grisou au puits Simon, à Forbach (Moselle): 22 morts, 103 blessés ou intoxiqués.
- Le 30 novembre 1983, dans ce même puits, un éboulement avait déjà fait deux morts et 16 blessés.Récemment un mineur est décédé et huit autres blessés, dont deux grièvement,
- le 21 juin 2001, aux Houillères du bassin de Lorraine (HBL) à Freyming-Merlebach (Moselle), après une secousse appelée "coup de charge" (libération brutale d'énergie accumulée dans les terrains).
Par ailleurs, c'est en France qu'a eu lieu l'une des plus graves catastrophes minières mondiales, le 10 mars 1906, à Courrières (Pas-de-Calais): plus de 1.000 morts.

Je vous conseille un site que j’ai trouvé complet sur les catastrophes. Un particulier qui a énormément de respect pour ces mineurs, qui comme moi, comme vous, faisons notre maximum pour ne pas les oublier…….

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Les mineurs, locomotive des luttes ouvrières en France

Des années "Germinal" au début du déclin en 1963, en passant par la "bataille du charbon", les mineurs français, dont l'histoire est émaillée de grèves dures, ont été à la pointe des luttes ouvrières et des conquêtes sociales.
ChevaletDès le XVIIIe siècle, le patronat minier a dû accorder à ses salariés des avantages en nature afin d'attirer une main d'oeuvre qualifiée.
Au XIXe, le "paternalisme minier" (construction de corons, de jardins) est un moyen de les garder, alors que la concurrence fait rage entre compagnies houillères.Si les conditions de travail étaient "épouvantables" dans la mine, à la surface, leur niveau de vie était ainsi "plutôt meilleur que chez les autres ouvriers, notamment ceux du textile", explique l'historien Gérard Dumont.
De la fin du XIXe à la Première guerre mondiale, les mineurs ont obtenu des avantages sociaux "exceptionnels à l'aune de la classe ouvrière", estime Yves Le Maner, directeur du centre historique et minier du Nord-Pas-de-Calais: caisses de retraites, dispensaires, journée de 8 heures - acquise dès le début du XXe alors que les autres salariés devront attendre 1936."Il fallait leur donner une protection supérieure parce que leur métier était plus difficile et que leur utilité économique était incontournable", analyse-t-il.C'est sans doute cette position relativement privilégiée, couplée d'une solidarité liée à la dangerosité du métier, qui a renforcé la combativité des mineurs. La première grande grève médiatisée éclate en 1884, à Anzin (Nord). Emile Basly, le "mineur indomptable", prend la tête de ce conflit dur et long, qui servit de base à Emile Zola pour Germinal. De là naît l'image du mineur à l'avant-garde de la protestation sociale, qui se renforce en 1906, après le coup de grisou (1.101 morts) de Courrières (Pas-de-Calais). La vision du mineur "révolutionnaire", répandue dans l'opinion, ne correspond en revanche pas à la réalité, car "à l'époque les syndicats de mineurs sont corporatistes et réformistes", souligne. Ils ont ainsi conclu avec le patronat en 1891 la première convention collective de l'histoire, à une époque où la tradition n'était pourtant pas à la négociation.

Dans l'entre-deux guerres, les communistes tentent de prendre le contrôle des syndicats, mais ce n'est qu'en 1944, début de la nationalisation, que la CGT y parvient, alors que les mineurs deviennent un enjeu essentiel de la reconstruction d'après-guerre. En 1945, le PCF et la CGT mobilisent les "gueules noires" dans la "bataille du charbon", au cours de laquelle le communiste Maurice Thorez engage les mineurs de Waziers (Nord) à produire davantage. La nationalisation des houillères donne aux mineurs un statut social privilégié (1946). C'est alors la catégorie la mieux protégée de la classe ouvrière, bénéficiant du prestige de l'ouvrier au service de son pays. Après l'éviction des communistes du gouvernement en 1947, des mouvements sociaux plus politiques éclatent dans les mines. La grève de 1948 qualifiée d'"insurrectionnelle" par les pouvoirs publics, sera ainsi "la plus dure de l'histoire des mineurs. Mais la dernière grande grève, en 1963, marque "le début de la fin". "Tout le monde comprend alors que les mines sont condamnées", et la grève est suivie, pour la première fois, par les ouvriers comme l'encadrement. Le rôle des syndicats a alors été d'accompagner la fermeture, en conservant les acquis sociaux. « Ils ont terminé dignement ».

Avion Sainte Barbe

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